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Au lendemain de la proclamation des résultats définitifs des Législatives du 11 janvier 2026 par la Cour Constitutionnelle, le paysage politique béninois affiche une couleur dominante. Avec 60 sièges sur 109, l’Union progressiste le Renouveau (Up le Renouveau) s’impose non seulement comme la première force politique du pays, mais consolide un règne sans partage sur l’Assemblée nationale.
Un raz-de-marée jaune. C’est ce qu’il convient de retenir de la percée de l’Union progressiste le Renouveau aux dernières Législatives au Bénin. Les chiffres officiels validés lundi 19 janvier 2026 par la Cour constitutionnelle confirment la suprématie du parti dirigé par Joseph Djogbénou. En recueillant 41,15 % des suffrages exprimés au plan national, l’Up le Renouveau distance ses concurrents et s’adjuge la majorité absolue avec 60 députés, dont 16 sièges exclusivement réservés aux femmes.
Cette performance permet au parti de maintenir son statut de « géant » acquis lors des précédentes joutes électorales, illustrant une machine politique parfaitement huilée capable de franchir le seuil des 20 % dans chacune des 24 circonscriptions électorales du pays.
Une 10e Législature aux couleurs du bloc présidentiel
Les résultats du scrutin du 11 janvier 2026 resteront marqués par l’exclusion de l’opposition de l’hémicycle. En raison des exigences du Code électoral, seuls deux partis — l’Up le Renouveau et le Bloc républicain (Br) — ont été déclarés éligibles à la répartition des sièges. Si le Br s’en sort avec 49 sièges, c’est bien l’Up le Renouveau qui mène la danse, reléguant le parti « Les Démocrates » (LD) à 0 siège malgré ses 16,14 % de voix au niveau national.
Cette configuration consacre une Assemblée nationale entièrement acquise à la mouvance présidentielle de Patrice Talon pour les sept prochaines années.
Les clés d’une domination territoriale
L’hégémonie de l’Union progressiste le Renouveau repose sur une stratégie de proximité agressive et une implantation territoriale profonde. Durant la campagne, le parti a misé sur une mobilisation record, notamment dans le Littoral et le Sud, mais aussi en renforçant son ancrage auprès de l’électorat féminin à travers des initiatives comme celles de Manigri.
« Le Baobab est puissant et inébranlable », martelaient les militants durant la campagne. Les urnes leur ont donné raison. Avec cette victoire, l’Up le Renouveau détient désormais tous les leviers législatifs pour accompagner les réformes du gouvernement sans obstacle majeur, tout en se projetant déjà comme le pivot central des scrutins généraux de 2026.
Analyse d’un avenir politique « Tchocotchoco »
Pour les analystes, ce résultat confirme que l’Up le Renouveau a su transformer son essai de 2023. En absorbant les forces vives de ses partenaires et en maintenant une discipline de parti rigoureuse, la formation de Joseph Djogbénou s’assure une pérennité politique qui semble, pour l’heure, hors de portée d’une opposition fragmentée et pénalisée par les réformes électorales.
Alors que la 10ème Législature s’apprête à s’installer, une question demeure : quelle place pour le dialogue inclusif dans une assemblée où une seule vision politique détient désormais les clés de la nation ?.
